Le Chili, la Colombie, le Mexique et le Pérou n’ont pas seulement pour point commun leur richesse culturelle et leur beauté naturelle : ces quatre pays latino-américains sont en effet réunis au sein de la Alianza del Pacífico depuis 2012. Cette coopération, d’abord pensée pour faire contrepoids à la puissante communauté économique du Mercosur, a depuis étendu sa sphère d’influence et d’action à des domaines plus larges parmi lesquels l’éducation, la culture, l’environnement et le tourisme. Autant de secteurs dans lesquels les quatre nations agrègent leurs forces et mutualisent leurs atouts.
En quoi consiste exactement cette Alliance du Pacifique ?
C’est au Pérou que l’on doit l’initiative de créer, au début des années 2010, une zone de libre-échange poursuivant trois objectifs majeurs : instaurer un espace d’intégration économique régionale qui favorise la libre circulation des biens, des services, des capitaux et des personnes, soutenir la croissance, le développement et la compétitivité des économies membres, notamment pour améliorer le bien-être des populations locales et réduire les inégalités socioéconomiques observées, mais également s’affirmer comme une véritable plateforme de coordination politique, d’intégration économique et commerciale, et de rayonnement à l’international, avec une attention particulière portée à la région Asie-Pacifique.
Cette plateforme stratégique, résolument ouverte au libre-échange, repose sur une vision partagée de ce que doivent être le développement économique et ses leviers. Elle affiche, en la matière, de solides arguments : à eux quatre, les pays de l’Alliance du Pacifique représentent la huitième puissance économique et la huitième force exportatrice mondiale. Ce « bloc » génère en outre 38 % du PIB de la région Amérique latine – Caraïbes, dont elle assure également 50 % du commerce total et 45 % des investissements directs étrangers, que la Banque de France définit comme « des investissements internationaux par lesquels des entités résidentes d’une économie acquièrent ou détiennent le contrôle ou une influence importante sur la gestion d’une entreprise résidente d’une économie tierce. » Autant d’atouts portés par une population de 225 millions d’habitants, majoritairement jeune.
Plusieurs dates et textes de référence ont marqué la fondation et l’officialisation de l’Alliance du Pacifique telle qu’elle existe aujourd’hui. D’abord, le 28 avril 2011, date de son lancement au Pérou, par la « Déclaration de Lima ». Présentée comme le préambule à une intégration économique poussée entre les quatre pays du versant occidental de l’Amérique latine, elle marque la formalisation de cet « arc du Pacifique » sur le continent.

« Ce document est une feuille de route qui nous mènera à l’élaboration d’un traité international créant un espace qui permettra aux biens et services, comme aux capitaux et personnes, de transiter librement entre les pays membres », expliquait le ministre péruvien des affaires étrangères de l’époque, José Antonio Garcia Belaunde. Le traité constitutif, justement, est ratifié le 4 décembre 2011. L’accord qui scelle définitivement l’alliance est quant à lui signé six mois plus tard, le 6 juin 2012. Mais il faudra attendre le 20 juillet 2015 pour son entrée en vigueur.
Une alliance aux enjeux économiques, mais pas seulement
Soucieux de mutualiser leurs atouts, les quatre pays membres de l’Alliance du Pacifique, autour desquels gravitent 64 pays observateurs (dont la France), ont notamment fait le choix d’ouvrir des bureaux communs et de participer, ensemble, à plusieurs salons et événements internationaux stratégiques. Les nations concernées ont aussi souhaité œuvrer, conjointement, l’amélioration de la compétitivité et de la capacité d’innovation de leurs micros, petites et moyennes entreprises. Mais si elle leur permet de peser plus significativement en matière d’économie et de tractations commerciales, par exemple avec des accords sur les flux financiers, via une intégration des marchés de valeurs mobilières, l’Alliance du Pacifique promeut, plus largement, toutes les initiatives innovantes qui contribuent au dynamisme des pays partenaires.
Ainsi, cet espace de coopération défend la libre circulation des personnes entre ses territoires. Il accorde également une grande importance à la préservation et au respect de l’environnement, particulièrement précieux dans cette partie du monde. Cet engagement s’est notamment traduit par la création d’un réseau de recherche scientifique dédié au changement climatique. L’intérêt porté à la recherche s’est, en outre, matérialisé par des échanges académiques et d’étudiants croissants.
Chili, Colombie, Mexique et Pérou unissent également leur force à des fins de promotion culturelle, particulièrement cruciale dans ces pays au patrimoine artistique et historique remarquable. Enfin, le développement du tourisme, directement lié à leur richesse culturelle, illustre lui aussi les efforts de coopération entre les membres de l’Alliance.

Le tourisme, au cœur des accords entre pays de l’Alliance
Dans son organisation, chapeautée par les présidents des pays qui la composent et régie par un accord-cadre, l’Alliance du Pacifique s’appuie entre autres sur des groupes de travail, dits « groupes techniques », ayant chacun leur axe d’intervention. L’un d’eux, spécialement consacré au tourisme, se fixe pour objectif d’élaborer des projets communs permettant de renforcer ce secteur dans les quatre pays membres : échanges d’expérience, facilitation de la mobilité, événements promotionnels à destination du grand public, organisation de conférences ou de conventions autour du tourisme d’affaires… Le but ? Générer un mouvement à la fois croissant et constant de voyageurs issus des pays de l’Alliance, des pays voisins ou du reste du monde.
Cet axe de collaboration était mis en avant dès la Déclaration de Lima, en 2019. Celle-ci prévoit en effet que l’alliance œuvre à la conception de produits touristiques au sein de la zone, permettant à terme la création d’itinéraires multi-destinations, mais également à l’échange des expériences en matière d’outils technologiques au service du voyage, de politiques aériennes ou encore de programmes de tourisme social, durable et inclusif. Le groupe de travail qui se penche sur le sujet a même acté un objectif concret dans le cadre de son « Agenda 2030 » : devenir, à cette échéance, une « destination multiple » à la pointe du tourisme durable.
Des ressources dédiées au grand public comme aux professionnels
Autant d’ambitions que les grands salons du secteur donnent l’occasion de relayer et de renforcer, comme en témoignent la participation commune, sur un même stand, des destinations de l’Alliance du Pacifique à des événements majeurs de l’industrie touristique : salons internationaux, forums, rencontres et autres roadshows…

Les actions menées autour du tourisme visent autant à attirer les voyageurs individuels et les voyageurs d’affaires au Chili, en Colombie, au Mexique et au Pérou, qu’à y booster le secteur du MICE (Meetings, incentives, conferencing, exhibitions).
On retrouve d’ailleurs ces différentes cibles dans les supports que rassemble la rubrique « tourisme » du site de l’Alliance, qu’il s’agisse des clips institutionnels de grande qualité produits par les offices de tourisme ou des présentations, richement documentées, diffusées à destination des voyageurs comme de ceux qui les accueillent, les hébergent ou les transportent.
Les vidéos disponibles mettent joliment en lumière les atouts des différentes destinations. L’une, commune aux quatre pays de l’alliance, rappelle en guise d’introduction que ces derniers partagent bien plus qu’un océan et insiste sur la complémentarité des expériences qu’ils réservent, entre terre et mer, saveurs sucrées et salées, paysages de neige et de sable, trésors du passé et magie du présent. Chaque pays tisse ensuite son propre récit, du Chili « où l’impossible devient possible » au Pérou, « pays de toutes les richesses », en passant par la Colombie, qui invite les voyageurs à s’imprégner de ses « paysages uniques », « son rythme qui fait bouger » et la « chaleur » de son peuple, ou le Mexique, qui s’adresse à ses futurs visiteurs en leur assurant que ce pays qui promet de grandes expériences et de grands moments réunit tout ce qu’ils connaissent, aiment et sont.
À ces clips remarquables, où se succèdent dans toute leur diversité les plus beaux trésors naturels, culturels, historiques et gastronomiques de ces destinations, s’ajoutent des présentations thématiques dont le contenu est aussi dense que qualitatif : un support de près d’une centaine de pages vantant la qualité touristique des pays de l’alliance, un « Guide du Voyageur » offrant des informations pratiques et des conseils aux touristes pour faciliter leur voyage, une présentation intitulée « Ruta Alianza del Pacífico », récapitulant les itinéraires proposés pour arpenter les quatre destinations… Des ressources à vocation B2B ou B2C, mais au même dessein : convaincre les visiteurs potentiels qu’ils ne regretteront pas d’opter pour quatre voyages en un.
Envie d’en savoir plus ? Le site de l’Alliance du Pacifique est, à ce jour, accessible en espagnol et en anglais.






















































